viernes, 21 de diciembre de 2007

Retour au Château du Nord

Le jour se levait. Il était six heures du matin. Je marchais de par les rues désertes, venant de quitter les bras de l’homme dont j’avais rêvé depuis de longues semaines. Une heure auparavant, cela nous était apparu comme une evidence. Cette nuit récente était un inéluctable de nos trajectoires croisées. A l’heure de se quitter ce soir-là, je n’avais pas su lui dire de ne pas me tenir par l’épaule, et il n’avait pas pu s’empêcher de me dire qu’il serait seul. Combien de temps lui a-t-il fallu pour se decider à m’avouer sa solitude de ce soir-là ? Combien de temps me fallut-il pour que je me soumette à ma curiosité pour cet homme de l’autre côté du mur ? Trop de livres peuplent ma vie et certains prêts n’auraient pas du avoir lieu, sans que la damnation frappe a la porte. Lorenzo Quart belge perdu de par la Manche, je me retouvais à errer dans une ruelle déserte d’un quartier célèbre. Je me sentais vivante, remplie d’énergie, et ayant regagné une innocence et mes rêves d'enfance au cours de la nuit. Ce matin-la, il pleuvinait sinistrement, pourtant. Les goutelettes suspendues dans l’air s’accrochaient à moi, éperdues dans un ciel qui ne leur voulait qu’une chute finale sur le pavé gris. Je leur servais de porte-manteau du moment. Je marchais de par les rues. Par ces pas je quittais aussi, et retrouvais par la-même aussi, mon enfance. Mon homme du château du nord était en effet mon retour dans une innocence manichéenne que seuls les enfants connaissent, quand ils sont encore libres des conventions qui écrasent les adultes.

L’homme du chateau du nord fut une question et son passage reste une certitude qui me soutient, soutien fait de souvenirs d’humour de bourdes lourdes, de silences bruyants apres que m’avoir fair batifoler mes cheveux et avoir retiré le pansement d'une cicatrice béante et récente. A l’heure de batifoler le long des flancs de la Meuse, mon coeur se balade de par les canaux de mon chateau du nord et suit l’homme de la nuit du retour de mon enfance sur les rives de la Tamise. Il est fort probable que la vie a venir va comprendre pas mal de douleurs amoureuses mais des remerciements sont dus : merci de m’avoir rendu mon enfance.

Décrépitude de la Ville Mourante


Décrépitude du matin verdâtre
Qui se lève en retard
Fade sur les rues vertes de saletés
Des rues vides de la ville morte.

Il pleuvait hier
Et les rues se sont remplies
Des déchets propres
Des habitants bien pensants
Des rues d’a cote
Les récolteurs du sale vont passer
Se dit-on
Mais cela sert peu

La décrépitude envahit
La porte d’une université
Autrefois si moderne
Et maintenant trop repue
De sa bibliothèque
Aux étagères vidées
Et qui ne sait même plus payer
Ses portiers

Mes visiteurs se perdent
De par des rues pleines
D’étudiants palis et bien vêtus
Qui ne savent ou
Se logeaient
Le tabernacle du savoir passe

Il est neuf heures
Et les rues sont vides
La décrépitude est tombée
Sur la rue
Qui abrite un titre ancien
Dont les lettres tombent
De par le sol
Ramassées de nuit
Par des noctambules
Habitant des sacs plastiques

Le monde est décrépit ce matin
Et bien peu s’en soucie
Il est peut-être
Temps que je reprenne mon bagage

Namur, 11 de Deciembre de 2007

Off the World


Overnight an old day has come into town. The day is grey and it is how it should be, or so I am being told by the flower merchants who sell these seasonal flowers usually found on moors torn by wind shafts and that I seem to be the only one to find beautiful at my window.

Strangely this should be a good day, the day of the recognised good people, whom we should all know the virtues of. Yet no-one speaks of saints today, unless you are spreading your wings to St Peter in Rome. Today nobody cares of the good known people, but of the bad, unknown, normal people and we enjoy spending time remembering their sins in this world, that, supposedly, should disallow them access to this good old sky we are being told is our aim in life. You get it: it is All Saints day, and we are going on pilgrimage to the tombs, or wherever we think the tombs are for those we loved.

I do not like going to the tombs – for the tombs are more for the souvenirs of fun late afternoons eating crisps, lots of crisps, all these crisps we were not allowed my brother and I in normal times, and that my mum’s cousins were overfeeding their kids with. It was fun also because it was the beginning of winter and we were often, just before, which fortunate for good presence, according to my Gran, going for some new cloths shopping. As the first of November usually sounds the beginning of the first winter colds, it was also useful; we were not freezing out while playing in tombs’ fields. In fact, it was a odd day, where we were all voluntarily late, just because…. It is not fun to listen to a priest telling you that your family is gone, and to hope for the final, always coming too late for your childish lack of patience, enunciating of your family name. As we are not an ‘A’ family, it is not a short time we had to wait. It was even worse after our names: why do we have to wait and listen to everybody’s name, and not go to the tomb, our tomb, quicker? Was that a conspiracy to make us all believe that death attends us all

With my grandmother, we usually went to this old village, full of sinners, and now repopulated by recoiled bourgeois who work in town. It was a full day of festivities: the pleasure of going to the plastic flower shops to get some of these plastic flowers, beautiful in my eight years old eyes, ugly and despicable in the eyes of my Dad and my Mum, who saw in these a sign that my grandmother refused to grow to a world that would always be too new for her. My gran never had a television. She always stayed living in a world of radio where merchants come to your door every week, one with a few eggs and some milk, another with some meat, one with her medications for the week…., merchants whom she would welcome grateful every week for she still thought they held the clues to the scary modern world there outside.

1 de Noviembre 2007

Light of the Night

La nuit est tombee
Et je ferme les rideaux
Sur la sombreur
Qui envahit mes fenetres

Night is down
Beautiful hunting victim
We have chased all day
And finally touch at night fall

Les senteurs du jour
Se retirent et je me reveille
Vampire en quete de senteurs bleu sombres
Et de lumieres noires


It is a cold night
Stars are being cold on duty
And the radio speaks of snow to come
And frozen roads that will kill


Les routes ne tueront pas
Par manque de volonte propre
Mais mes yeux brulent, aveugles
Par les eclats des glaciers qui envahissent les balustrades


My hands burn too
Frozen by this invisible snow
We were not told about yet
Is it not tomorrow that snow comes?


Les orties vont bientot mourir
Et cesser de piquer
Ceux qui laissent pendre
Leurs pieds dans la riviere

The light of the night has risen
And the world has changed cloth
Light becomes dark
And dark becomes light

At last peace has come to my windows


Namur, 18 de Noviembre 2007


On Catullus

I love and I hate
And I do not know why
Or I do pretend so
Whispers reach my ears
Telling me of an odd question
Being asked:
“Why do you love me?”
What is love?
And I am tempted to step in
And answer my wrong answer
To their question
I am tempted to say
“I love you because
Of nothings
Of a whole world of nothings
Those nothings I cannot live without
Smiles,
Laughs,
Silences,
First and foremost
Absences
Ephemeral touches
Especially those that do not last
And give you an
Impression of your world collapsing when
They finish
You know you have
To say I love you
When nothings invade your silent moments
When missing nothings tell you
That nothings are missing
Love is about living
Certain nothings together
And how this paves your days.
And you smile to the day ahead.”

Namur, 9 de Deciembre de 2007

L'Amour par Tahar Ben Jelloun

« L’amour est une distraction, des cristaux plantes dans la paume de la main, une épingle en cristal circulant dans le corps, une fenêtre ouverte sur les fougères, sur un piano, un soleil, un oeil dans un front, une mer étincelante, une nuit basculée par une infinité d’étoiles, le désespoir enveloppé dans un vieux journal. »

Tahar Ben Jelloun, Les Yeux Baissés

lunes, 5 de noviembre de 2007

Buscando Corso - Prélude

Je cherche un tabacco, parce que je cherche un cahier et un crayon. Un petit cahier, avec des grands interlignes comme dans les annees trente. Je m’appelle Irene Adler, ce qui bien sur est mon vrai nom vu que, depuis quelques temps, c’est ainsi que je m’imagine. Cela compte pour notre recit, au vu qu’Irene Adler est celle qui perdit Sherlock Holmes, d’apres ce que me dit Conan Doyle. Ce fut Irene qui perdit Sherlock, enfin d’apres ce que me dit Lucas Corso, ou plutot Arturo Perez Reverte, car c’est lui qui a cree le caractere. Moi, ce fut l’Espagne qui me perdit, par sa grandeur, pas celles des plages, mais celle des mesetas, des cathedrales qui vous ecrasent d’espace libre, des montagnes et de leurs goufres d’ou Roland aurait saute comme un geant courageux. Il y a aussi cette petitesse indescriptible, celle des petits cafes et de leurs petites terrasses a petites tables, des petits chemins entre les petits arbres, des petites fleurs, des petites pierres qui servent de refuge a des insectes minuscules, des petites fenetres fragilement jaunes qui bloquent le soleil incendiaire, des petites pierres grises que l’on ramasse dans ses poches, des poches d’eau des embalses trop assoifes que pour s’etendre, des petits cahiers d’ecole ou les lignes sont tellement epaisses qu’elles couvrent les mots, des petits magasins a petites enseignes ou l’on fait ses courses a petits pas, a petits comptes. Me dire le mot ‘Espagne’ est un acte qui a ses consequences. Le son du mot reveille souvenirs, sensations perdues dans le corps qui soudain s’eveille et je me retrouve perdue dans des petites rues de la-bas qui sentent le churro, le pain frais, la poussiere, l’enfermement des petits supermercados et de leurs marchandises etiquetees a l’ancienne, le soleil brulant du jour qui monte et incendie les blancs, jaunes et bruns des murs. Comme le diraient certains critiques de l’amour coup de foudre: j’ai l’Espagne dans la peau, je vis en permanence avec cette compagne incongrue. Comme je me le dis souvent, j’ai ete en Espagne trop souvent, ou pas assez souvent. Si vous me prenez par hasard dans la rue, il est probable que vous trouverez sur moi pour le moins deux ou trois objets qui m’ont accompagne un jour la-bas, ou que j’ai choisi d’acheter simplement car il etait ecrit sur l’etiquette ‘made in Spain’. Ma vie est pleine de moments d’Espagne.

Prenons par exemple l’an trois. J’ai une dizaine d’annee. Nous sommes en Andalousie. Pour ceux qui connaissent, nous sommes a l’ouest du Cap Trafalgar, sur la cote du cote du Guadalquivir qui est du cote de Huelva, dans un de ces campings surbondes pres de Palos de la Frontera ou il y a plus d’Espagnols que d’etrangers. C’est le matin. Je me reveille aux bruits de ma mere qui prepare le petit dejeuner. Tout est calme, un calme qui appelle le bruit. Ma mere prepare le cafe doucement sur le camping-gaz, utilisant ce filtre de camping pour lequel mon pere a coupe une petite piece de metal ronde afin d’empecher les grains de cafe de passer dans le thermo. Tout se fait doucement, tranquillement, a petits pas. La tente s’est ouverte a petits pas de la tirette, les boites et coffres s’ouvrent en silence. Les casseroles se mettent sur le gaz doucement, et l’eau bout a son petit rythme, plus vite peut-etre qu’en d’autres lieux car il fait deja 30 degres. La louche descend dans la casserole, monte vers le thermo couronne de son filtre metallique a anche deformee par trop de chaleurs passees, l’eau tombe sur le cafe, et commence sa lente mutation en cafe. La paix matinale est de regle ici. Autant la nuit precedente a ete bruyante, autant le matin se doit d’etre calme et silencieux. Le chuchotement des pas sur le sable des chemins de passage vers les sanitaires sont repondus par des voix anonymes, cachees dans des tentes fermees qui demandent hautement que la paix et la quiete soient respectees dans cette heure matinale ou tout qui se doit devrait encore etre en train de dormir. Maintenant je pourrais aussi commencer en l’an cinq. J’ai une huitaine d’annees. Nous venons de nous promener au sommet du petit mallos local, celui ou il y a cette grotte fantastique pleine de fees, et nous nous sommes diriges vers le petit bar d’Aguero, un village isole des pyrenees, cote espagnol bien sur, pas trop loin de Riglos ou tous les Americains s’en vont pretendre faire de l’escalade dangereuse le long de falaises de mallos epuises d’avoir tenter de faire peur a ces escaladeurs fantoches, et rouges de honte d’etre incapables de chasser ces impudents. Je pourrais aussi décrire ce voyage de l’année neuf. C’est le mois de janvier. J’ai une vingtaine d’annees, et viens de terminer une session d’examens a l’universite. Ce jour je pars en Espagne par bus, pour Seville, ou je vais passer une dizaine de jour a vagabonder. La gare des bus se vide. Je suis nerveuse. L’idee de partir seule, je crois. Je resterais bien la, confortable, a Bruxelles. Apres tout cette capitale venerable est une aventure a part entiere, non? Le tiquet est achete cependant et je n’aime pas les gaspillages. Je monte dans le bus, plein d’Espagnols qui retournent au pays apres avoir passe les fetes avec leurs familles en Belgique. Les chauffeurs sont espagnols aussi. Etrange chose que ce bus. A peine nous prenons la route, la Belgique n’est plus, pas plus que le francais d’ailleurs. Les chauffeurs mettent un film double en espagnol. Sur la route, avant meme de quitter Bruxelles, nous nous arretons partout pour collecter un peu plus de ces hispanophones exiles loin de leurs montagnes, cafes et plaines dessechees. Le bus est plein de bruit. Je crois que je suis la seule francophone a bord en dehors d’un grand gars qui s’accroche a moi comme a un piquet de soutien. La voix de son francais commence a m’enerver cependant. Les autres passagers me parlent en espagnol. Je crois que je suis trop sombre de cheveux que pour passer pour belge, francaise, ou meme pour le moins plus nordique que les Pyrenees ou les Alpes. Ceci est l’Espagne deja. La Belgique nous a quittes quand les portes du bus se sont fermees. Je me sens bien. Contre mon gre, car j’aime cette cacophonie de voix vivantes, je m’endors bientot. Deux jours plus tard, dans mon auberge a Seville, je reverai en espagnol.

Depuis ce voyage, quand je me sens mal, je me mets à rêver d’embarquement pour l’Espagne, et de recontres fortuites dans la rue avec les personnages d’Arturo Perez Reverte, mon auteur préféré, avec Diego Alatriste flanqué d’Iñigo, avec Lucas Corso accompagné, dans l’ombre de ses pas, par Irene Adler, du Père Lorenzo Quart et de Macarena Cruz y Bruner, bras dessus bras dessous, de Jaime Astarloa assis à une terrasse de café plongé dans la rédaction de son traité d’escrime, de Julia et César emportant à l’autre bout du monde un Van Huys volé et plein d’énigmes. J’évoque des paysages jaunes pris en photo, et mes sens se réveillent. Je rêve de paysages jaunes qui crevassent les pieds de leurs visiteurs, de l’odeur de poussière dans des rues où les magasins ferment le jour et ouvrent à la soirée, de ruelles sombres cachant cafés sombres enfumés et masculins, de brouhahas féminins achetant denrées au marché, et consommant cortados, cafes con leche, churros et chocolate, tapas, ou trozos de tortilla tiède, de soirées terminées au goût de carajillo, de tintos de verano et de claras, de la quiétude et fronde des regards espagnols qui vous percent l’âme, et vous annoncent les yeux dans les yeux que la douleur des amours passés qui se tapit derrière les yeux doit laisser la place aux rires d’aujourd’hui.

Ce recit n’a d’autre but que celui de parler de cette omnipresence espagnole dans ma vie. Le silence est mauvais, me dit Arturo Perez-Reverte quand il me decrit Jaime Astarloa et Lucas Corso. A trop le lire, je commence a le croire. Et puis Carlos Ruiz Zafon me dit la meme chose quand il me decrit les amours de Daniel et Beatriz. Il y a aussi le Concerto d’Aranjuez. Le silence est mauvais, sauf quand il est paisible, et meme alors il est possible de l’exprimer. Il est temps que j’exprime cette saignee et douleurs qui me transpercent a chaque fois que j’entends Espagne ou Retiro, brisent le coeur quand j’entends parler la langue de Don Quijote, et que je sens ma langue se paralyser car je sais qu’une conversation isolée ne brisera ma solitude présente que pour un moment trop court, un répit trop bref, engendrant des rêves de départ qui me font peur. Ce recit sont mes elucubrations sur comment l’Espagne est devenue l’ombre de mes pas de tous les jours.



Irène Corso, Noviembre de 2007

viernes, 2 de noviembre de 2007

Haiku

Entre tiempos de Londres
Y otros de Belgica
Estabamos que perder


Irène Corso, 3 de Noviembre 2007

Haiku

I wish cards
Would still be to
Play for us

Irène Corso, Celles, 3 de Noviembre

Barcelonas

Barcelona sits in front of me
It sits on my train
How weird is this?
You take a train that
Ought take you away
And you sit in front of it
That train contains
Other trains, where
You hoped, smiled,
Despaired, cried,
Feared
There are also there
All those other trains
You dreamt about
Stealing away
These you never
Admitted to love
Until it was too late
Barcelona looks at me
White on black
As if hiding the secrets I conceal
The city stalks me
I swear I saw it in
The comic book shop today
And in my friend talking
About books
We might wish to forget
But we can only go along
The flow
On roads, trains, planes
Life is cluttered with Barcelonas
Mine sits
On the side of the Vlatva
Underneath the shadows
Of the Sagrada Familia
And under the loving guardship
Of Knightsbridge
I do not know
What your Barcelona is
But I wish you loved it
That is the least
We can do
After all
Either you love
Either you don't

Irène Corso, Namur & Celles, 3 de Noviembre

On Love

Beckett tells me
Either you love
Either you don't
Where the hell am I?


Irène Corso, Celles, 3 de Noviembre 2007

Haiku

Night or day,
I am lost
On the tracks


Irène Corso, Namur, 2 de Noviembre 2007

The Train of Life

Night has fallen
And the clouds hide
The sky under curtains of grey
Depriving trees
Of warm legendary lights
It is Friday night
And I am sitting
Waiting
Waiting for old days
To pop on the metallic seat
Next to me and say hello
I am waiting
For the train of life
That will surely
Take me away
Towards elder times
Lights are dim
After all this is a train station
I hope they stay so
Past and future cannot
Be divorced
Like
Black and white
Death and life
Tarot and plans
Madness and reason
Two sides of the walls and coins of
The castle of destinies above
A train tells me
Goodbye that
Sounds like Good Day
Another tells me
Good Day
And I hear the
Train of Death
Ringing the local church
Night has fallen
On the platform
And I cry for the
Pains of yesterday
I recall old days
And call for the new ones
Of tomorrow
I am waiting
Yet
I have to go
It is almost day
My train has
Landed on my platform
My bitter days have entered me
And I am allowed
A ticket for my next station


Irène Corso, Namur & Celles, 2 de Noviembre 2007

Pinches


I cross the bridge
It is a border
Between
Old and new
Awake and tired
My left shows off
Fogs voluntarily hiding
Exhausts of
Burning dirt in the sky
Even bridges have forgotten
To grow
For it is too sad
To connect dirt with dirt
My right bears the
Scars of well-thinking
Righteous bourgeois
There bridges flourish
Maybe too much because
We forget
What nice clothing often entails
It is Sunday and the market of the poor
Even
Dares spreading close to
The beautiful castle
One side
Marriage of picturesque stones with
Hand-made roofing
Other side
Divorce of the ugliness of
Common concrete with unemotional slates
I am on the bridge
And the cars deafen my ears
The wind burns my nose
And my head hurts
I belong to this bridge
To this conspicuous border
From where I admire
The ancient and the modern
I wear old clothes
I cannot renew
And yet work with
Royal blue blood
Opposites pinch me
And I refuse to
Choose my camp
Maybe I should not stay
And return to this home
I have not found yet


Irène Corso, Namur, 22/10/2007

Pluie

Ce matin, j’ai quitté la pluie sous les nuages et mon regard s’est échappé par delà les brumes et l’opacité des gouttes d’une ville grise et translucide. J’observe. Il pleut toujours et ma voiture se trompe de voie pour rouler dans des flaques qui s’apprêtent à la couvrir d’un manteau de perles La voiture fait chanter une flaque, la suivante crée le rythme et le bus qui les dépasse amorce des mélodies étranges toutes de moments non écoutés de répercussions solitaires. Les flaques deviennent enluminures sur les chapeaux noirs trop grands que les passants retiennent à bouts de bâtons repliables grotesques. D’autres ont oublié leurs chapeaux et se recroquevillent vers des chaussures trop petites et béantes sous le ciel. Les lacets se pressent. La pluie ne s’arrête jamais vraiment, ou pour un bref instant seulement. Elle s’interrompt dans des silences émouvants de lumière qui allume les gris, nuance les nuages écrasés de perles de pluie, écrase les chapeaux noirs qui se replient et cachent les bâtons grotesques qui soutenaient les nuages trop lourds.

Mais la pluie reprend, toujours, et la terre soupire de saveurs profondes de sec ressentiment. Les toits reluisent de nouveau et les nuages se voilent. La rue fredonne de l’intérieur sous les pas des passants et les roues des véhicules qui se pressent de nouveau. Les voix se taisent sous les chapeaux qui transitent de pub en pub, de parvis à parvis, de bus à train et de train à taxi. La ville grisonne sous un parapluie sombre de gouttes pesantes et translucides qui la couvrent. Les chapeaux jouent de nouveau, s’amusent à dissimuler et déployer leurs bras mécaniques et humains grotesques qui sortent de chaussures humides d’où les mains pointent vers le ciel sans jamais le regarder vraiment. J’ai alors retrouvé la pluie car j’ai vu mon bras s’étendre entre mes chaussures et mon chapeau noir qui soutenait le ciel.


Irène Corso

Manchester, 18 de junio 2001






martes, 23 de octubre de 2007

Mon Hiver Est Arrivé

L’hiver est arrivé
Il y a quelques jours,
Quelques semaines
Le temps passe
Et je le voudrais immobile
La nuit se lève
Et passe
Et je la voudrais éternelle
La nuit se porte belle
Avec ses robes
En velours sombres
Tout en sobriété
Calme et mortuaire
Je la voudrais
Bruyante et vivante

L’hiver est arrivé

Je me mets
A rêver à des jours passés
Sous des ciels brûlants d’été
Qui me pénétraient jusque dans les os
Et je n’avais plus froid
Pour longtemps
Ou pour un certain temps,
Comme me dirait Brel
Ce soir j’ai froid
La nuit pénètre mes os
J’ai mal
De cette blessure ancienne
Qui n’a jamais voulu guérir vraiment

L’hiver est arrivé

Je me mets à rêver
De trains à la Almodovar
Habités de fantômes féminins
A la recherche de leurs passés perdus
Qui se perdirent un jour
A vouloir trop aimer
Je me mets à rêver
De bus provinciaux
Qui relient des villages
De ruelles blanches et jaunes
Qui sentent bon le pain frais
Et sont amoureux des vautours
Du terrain d’immondices d’à côté

L’hiver est arrivé

Je me mets à rêver
De cottages à la Agatha Christie
Comme je n’en ai jamais vu
Ou seulement en rêves
J’y boirais mon thé
Avec le petit doigt levé
En compagnie d’Helena Bonham Carter
Endimanchée dans un costume victorien
Je me mets à rêver de rues
Sinistrement rouges
Des deux côtés à la fois
Où il pleut de trop
Où même les rouges les plus criards
Des murs et des vêtements
Deviennent noirs de désespoir

L’hiver est arrivé

Je me souviens
De matins sous la pluie
Où je souriais
Car je savais
Qu’il allait être la
Et me tenir compagnie
Et je lui ferais confiance

Je me souviens
De ces jours
Où il me manqua
Parti en cure de repos
Sur les rives espagnoles mêmes
Où mon coeur se brisa
Sur un écueil douloureux

Je me souviens
De moqueries
Douces et légères
De morceaux de citron
A préserver en bon ordre
De regards silencieux
Où nous nous devinions
Je me souviens
Lui avoir dit
Que Barcelone
Sonnait ma perdition
Je me rappelle
Son silence
Qui se tut

Je me souviens
Et je rêve d’autres rives
Où le soleil se couche
Trop tôt sur des estomacs
Malades de s’être suicides
A coup de litres de thé

Je me souviens
De ce dimanche après-midi
Où nous avons trop bu
Toi à la bitter
Moi aux gins tonic
Je souris
Amèrement
A la Brel
Tu me manques
Mon hiver est arrivé

Tea time

domingo, 26 de agosto de 2007

Haiku

Le soleil dehors
Pleut ses rayons
Et mon coeur ses regrets

miércoles, 15 de agosto de 2007

Going to the Pool, or A Note on Discriminatory Consumerism

Today I went swimming, having too much energy to burn and a day off ahead of me I was not sure what to with, especially before seeing the The Bourne Ultimatum tonight.
This may seem a quite insignificant action, unworthy of commenting about. Yet in my North-West England, such a blunt, on-the-spot, last-minute decision is not easy to implement. First you have to choose the time you are going. Yes it is the summer and yet it is more than ever a fight to go swimming. throughout the day the ppol is booked through: 'kid swimming summer', 'active lunchtime swim', 'general social swim', 'elderly well-being swim', 'aquanatal swim'... You get it: if you want to go swimming, you need first to recognise your criteria for eligibility as a swimmer, then choose your time to go, don't be late or you will miss on your fee of £2.20, then present yourself and get change in the special changing rooms of the pool, which, God forbids, are quite alike seaside peep-show changing cabins as in Benny Hill. After all these actions, ready and dressed up for the pool, you will be allowed to go swimming... in a pool packed with a mixture of people, paradoxically, of all kinds. Not what you were being told by the official programme.
Indeed, you will, however, probably, not swim much, or as less as you expected, as far as most people do not get the idea that you should stick yourself to a sector of people swimming at your pace, i.e. not tring to swim in the lanes where the good rapid swimmers are showing off if you are a slow swimmer, or vice versa. I am not speaking of a 'social general swim' session here, but more generally. Even during 'lunchtime active swim' time, the pool is crammed with all speeds-swimmers.
If it was about a 'social general swim', this would be clearer. Indeed, social general swims are not for swimming. They are a pretext to splash out some water around, pretending to do some exercise, so as to apologise oneself for the Snickers, or few odd drinks surely to be enjoyed later in the day or evening. Waiting for you straight outside the pool there is the compulsory junk food machine ready to serve such delicacies.
Strictly speaking, 'active lunchtime swims' are the only swimming sessions accessible. Yet they are also the least active swimming sessions I have seen taking place in that pool. During lunchtime, be careful not on Fridays as it is for pregnant women only as I have been told and barred the access when replying I was not pregnant, people go to the pool to rapidly, swiftly, consume a swim, that is, inserting a time of pretended exercise in their day, filled up with much less healthy habits such as eating pies and driving, rather than walking, to the supermarket. First there are the corporate people who get there quite largely after the beginning of the allocated hour, jumping and splashing a few lengths, and hophop out of the pool back to work or whatever they are doing. Second, there are the elderly ladies, in search of something to keep their day busy and decide to enjoy it swimming very slowly for the full hour. Third, there are the jumping bonker ones who have just burnt thousands of calories at the next door gym and jump in and out to refresh, not without showing off and looking down with disdain at those other unfit people they have to suffer sharing their pool with. Fourth, you have the odd normal, nor fit or unfit, nor big or skinny, people like me, who work asocial hours, that is, evenings and week-ends and look out for some opportunity to get some exercise done, and keep active instead of sitting at home watching daytime television. And we cannot really swim in the middle of this splashing out exercise. Irritatingly, I gave up trying to swim after my 40 minutes today. I will come back, though carefully avoiding the Monday lunch - filled with enthusiasts willing to burn out their hungover of the week-end - as well as Friday as it is for pregnant women only.
Oddly, the early Sunday morning social general swim is a good time to go swimming. At that time, kids are still in bed, showing-off w****** are showing their pecs to their partners in bed, and, as for those who go swimming pretending to be on a diet, they are also still in bed moaning against the harshness of their life. Those who are there are often nice people looking out for some nice active relaxing time, some gently reaching out the 50-lengths mark, this without splashing out your face with water every two minutes, others as gently slowly achieving a 10-lengths mark, slowly with lots of breaks in between. You get it: Going swimming is not an easy entreprise at my pool, except maybe on Sunday mornings.

Today was more of a shocker than usual. There is a new rule in the house. Apparently there were too many people pretending to do what they were not, paying the small pool fee, and then accidentally redirecting their feet towards the gym instead, of, as you will have guessed, much higher fee. Or to the sauna. There are cheaters everywhere, including at the pool. to wvoid such misdemeanour, and the financial difficulties this entails for the leisure centre, a new measure has been created, that of allocating each customer with a special band wrist of which colour is supposed to mean the physical activity you are buying out. My first wristband, this Sunday when I needed to burn out to get some emotional stability, was ready and was gently given to me, which I gently put in my wallet not realising the financial super-importance of the object. Today was different. Before I could say a word the woman at the counter, who strongly reminded me not to go into the pool before 12 o'clock sharp, authoritatively put the bloody wristband around my wrist without asking, sealing it, and this irritates me a lot, at a length that made it some sort of loose bracelet dancing around my arm. So there I was with my bright yellow bracelet, which I ended up taking off while trying to adjust it to my too small wrist size. While swimming, again to calm down the emotional tempest that rages in me, I could not help but notice that we were all marked with such ungorgeous colourful bands, red for those coming out of the gym, yellow for those for a swim session only, blue for those going to the sauna, and could not help thinking about the kind of world this reflects, where we live to be categorised, cast into drawers, without access to each other unless we are rich enough to buy the white band that will cover to access all areas of our leisure centres and social world. Bands, if I am to believe my recent pool experience, are the new class system. As staff till registration numbers are in the restaurant where I work. Maybe I should not be so pessimistic, being unhealthy seems to be a common category that goes under all wristbands. In the same time, most of us at work know some of the managers's till numbers so that we can in fact manage ourselves, trusted.

lunes, 13 de agosto de 2007

Haiku

Peaceful morning disturbed
By the bodily shadow
Of a lost night

domingo, 12 de agosto de 2007

Droit de l'Amoureuse

L'aube est sombre
Triste soeurette d'hier
Hier etait lumineux
Aujourd'hui est gris
Gris perle mais gris tout de meme
Cette aube-ci est grise
Prophete indesire de larmes du ciel a venir
Je suis couchee
Etendue
Paisible
La pluie tombe
Et mon coeur se dechire
Je me rappelle
Le sourire ironique du passant d'hier
Qui a vu ma main suspendue dans l'air
Esperant une etreinte qui lui fut refusee,
Niee ce droit fondamental de l'amoureuse
Mon homme n'a pas vu mon moignon d'amour
Il courait devant
Rattrapant ses pas a venir
C'est bien qu'il fasse gris
Morne et gris est la couleurs de mes amours
Mon coeur a mal
Je sais que j'aime
Et aussi que je ne suis plus amoureuse
Mes balades vont me guider
Vers d'autres terres plus jaunes
Loin de ces pluies grises
De ce monde trop electronique
Mes mots vont me revenir
Et je planterai mon rosier



Manchester, 11 aout 2007

Matin Montant

Le vent s'infiltre par les persiennes
Jouant avec les ombres
Pinocchio noir et blanc
En guerre contre Don Quichotte et ses moulins
Theatre d'ombres indesirable
Dans la douceur paisible du matin
Qui s'egrene dans le ciel
Je veux rester dormir
Dans la noirceur apaisante de la nuit finissante
Je veux garder mes reves
Avant qu'ils ne s'evanouissent
Sous les coups de boutoir du jour montant.



Manchester, 9 aout 2007

lunes, 6 de agosto de 2007

Temps en Mouvement

Il parait que lorsque l’on vieillit, l’on s’apaise. Enfin c’est ce que me disent mes parents, et toutes les personnes plus agees que moi que je vois vagabonder dans leurs vies. Ceci est un mensonge, ou bien une demi-verite.

Hier, comme tous les jours precedents de ma vie, a moins que je ne me trompe, je me suis rarement reveillee apaisee. Bien au contraire. La plupart de mes matins ont ete people d’angoisses et d’envies inassouvies, ou que je savais impossible d’assouvir dans l’espace restreint du jour trop court qui s’annoncait. Les annees peuvent passer mais cette sensation de ce que le temps nous est compte ne fait que s’amplifier. Elle ne faiblit pas, bien au contraire. Elle grandit en moi, comme si, a chaque seconde que je depense de mon temps ci-bas, cette seconde etait un ressort qui fait resonner de plus belle le tic-tac d’un reveil ancient cache a l’interieur de mon corps. Non, a vieillir, nous ne nous apaisons pas. Plutot nous apprenons, a chaque instant qui s’egrene de par notre corps que la vie est courte. Etrangement cela la rend plus longue. Paradoxe bizarre qui fait que plus le temps passe moins nous avons envie de dire non a ce qui nous passe sous le nez.

Ce matin est comme les autres, plus angoisses. Alors je me suis levee. A quoi bon gaspiller le refus de mon corps de trouver le sommeil alors que je pourrais jouir des plaisirs d’une nuit presque blanche a prendre la plume que j’ai oublie d’utiliser depuis si longtemps. Ca ou faire un gateau aux pommes comme j’en faisais gamine avec ma mere pendant les fins de semaines. En pietre cuisiniere, et fiere de l’etre (ceci est un mensonge), je n’ai pas la recette du quatre-quarts. Donc j’ai repris ma plume abandonnee depuis si longtemps. Et puis l’idee du gateau, aussi allechante qu’elle puisse etre pour ton estomac, lecteur, n’est pas de bonne augure pour ma ligne. Une autrealternative aurait ete de me regarder un film sur le magnetoscope, pardon le lecteur DVD. Du style Le Roi Danse, ou Chocolat, ou The Russia House, ou bien Trois Couleurs: Bleu, recemment emprunte a la bibliotheque que, malgre mon grand age, je n’ai pas encore touche. Je parle ici pour Trois Couleurs: Bleu. The Russia House est un des compagnons de ma vie. Presque chaque jour de ma vie inclut un moment ou, comme Bartholomew Scott Blair, je repeins un appartement, dans une ville iberique, a attendre que l’amour de ma vie debarque au port voisin et vienne frapper a ma porte. Le desavantage, dans ce dernier cas, aurait ete que je me serais comportee en consommatrice, non en creatrice, ce malgre tous les reves que ce bref temps en face du petit ecran aurait pu genere en moi.

Ce n’est pas que je crois avoir des talents particuliers pour l’ecriture. Plutot une croyance ferme que, quelque pietres nos talents sont, nous nous devons de les honorer, et de faire de notre mieux. Ceci, vous l’aurez devinez, est un des axiomes de vie de mon pere, non un des miens. Etrange comme nous choisissons comme modele de notre vie d’autres vies que nous niions si fermement dans nos plus jeunes temps. Ayant atteint la trentaine, je me surprends a vouloir appeler mon pere dans mes moments d’incertitude, moi qui refusait de m’asseoir derriere lui dans la voiture quand j’etais gamine. Il y a quelques jours encore je voulais l’appeler. Pas de chance. Il etait absent. Dans un sens, ceci a ete une bonne chose. Cela m’a forcee a prendre le courage d’exprimer les sentiments que je lui aurais deverses dans l’oreille. Le lendemain je me retrouvais a me donner un jour ‘librairies’, comme quand je croyais encore que Corto Maltese etait l’amour de ma vie. En fait je me suis mise a courir les librairies après mon Corto Maltese, mon monde imaginaire, ou le monde reel se mele a l’imaginaire et cree des symbioses etranges comme celles entre la politique de la Guerre Froide et les ecrits de vagabondages sur les avenues transcontinentales americaines, entre Calvino et les Rubby’at d’Omar Khayyam, entre les photographies realistes de Doisneau et de Cartier-Bresson et celles bien moins realistes des Other Realities d’un certain Uelsmann, si je ne fais pas d’erreur dans le nom. Images au combine non-realistes qui me font penser a ces photo-montages que mon pere faisait de mon frere et moi quand nous etions plus jeunes, plantant nos visages juveniles au milieu de fleurs non focalisees, memes photo-montages qu’il exigeait de ses eleves a son cours de photographie d’ailleurs, et dont je me suis retrouvee a faire la collection. A bien y penser sont Doisneau et Cartier-Bresson tellement realistes? Je n’en suis pas sure, sur le moment. Europeans de Cartier-Bresson n’est pas exactement une anthologie du monde reel. Ses immortalisations des regards et des gueules des bouchers de Paris et des titis espagnols des annees trente, pour nous qui les regardont avec un retard de vingt, trente, quarante ans, nous parlent de temps passes, que nous ne connaitrons jamais, que nous n’experimenterons jamais dans nos corps. Ces photographies sont des images de muse, des images pour nous faire rever a comment nous desirons ressembler a ces portraits, ou en differer. Non, les photographes ne sont pas des voleuses d’ames, mais plutot des restauratrices d’ames. Elles en generent de nouvelles dans leurs observateurs, dans le photographe. Les photographies sont des peintures du monde. Trop souvent nous oublions de les lire, et nous nous perdons, dans les images, comme le dix-neuvieme siecle se perdit dans les mots doux et violents des Romantiques. Non pas que je croie que le dix-neuvieme siecle etait romantique. Si vous m’en croyez, comme je le pretendais bien fort un de ces derniers dimanches ensoleilles ou je me suis reveillee de ma torpeur inexpressive, discutant le sens de la musique de Bach et de Mozart avec un cuisinier et une organisatrice de pieces de theatre, la vraie époque du romantisme sont les dix-septieme et dix-huitieme siecles, quand le libertinage n’etait pas de mode mais une maniere de vivre, ‘una manera de vivir’, comme me dirait Antonia la Gatidana, une maniere de marcher dans la rue, de respirer les odeurs des corps, des rues et des relents de cuisine. Patrick Suskind est plus romantique que Stendhal et ses elucubrations vaseuses sur comment nous devons nous toucher, ou ne pas nous toucher les mains.

Je regarde les roses jaunes qui tronent sur ma table et voila que je me mets a rever d’un retour du romantisme. Qu’est-ce qui va mal avec moi? Pourquoi acheter des roses jaunes surtout? Des roses devraient toujours etre rouges, n’est-ce pas? Bordeaux, sombres, d’un rouge fonce, equivalent, en rouge, au bleu indigo des foulards des Touareg du Ahaggar profond. Et nous devrions toujours prendre le temps d’aller chercher les gens la ou ils nous arrivent, mon peche a moi. J’ai eu peur de me bruler. Le jour ou il a passé la porte, et quand mon coeur l’a reconnu, je me suis cachee derriere une colonne et ai revetu mon masque d’impenetrabilite ironique. Je me suis vue par la suite en spectacle, parler de banalites mondaines a propos d’un monde reel qui ne me fait pas vibrer. Depuis son depart, j’ai trop de bics. Il n’en avait jamais, a moins que cela ne soit qu’un mensonge, beaucoup de mensonges de jour après jours. J’ai perdu mon voleur de bics, et mon coeur fragile y a pris des frissures douloureuses. Que je ne sais lui cacher. Son regard a penetre jusqu’aux ombres et incertitudes effrayantes qui me peuplent. Pour etre sur que je ne me rendorme pas, pour que je reste eveillee, alerte, ouverte a mes sentiments, mes peurs, la confiance que j’ai envie de donner, la confiance que j’ai envie de retirer. Peut-etre est-ce pour cela qu’il est revenu. Je l’appelle, et il me repond. Je lui parle livres et il me repond livres. Nous parlons theme pour theme. Je lis sa dystopie Dantesque, il me lit dans ma peur du destin. Je lui parle Barcelone, et je vois les rues sombres de quartiers populaires aux petits bars remplir son regard. Je lui parle danse, et je sens la fluidite des corps qui bougent lors de soirees bruyantes. Idee pour idée. Cirque pour cirque. Comment a-t-il devine que ma tete est pleine de danseurs et artistes de rue qui font du bruit dans la rue et chatient les regles de la bienseance urbaine et campagnarde? Comment a-t-il reussi a lire ma folie, mes envies infantiles de tours de carousel?

Non, lecteur, je ne suis pas apaisee. Au contraire. Je reve d’autres endroits. D’autres personnes. D’autres bruits et sons. D’autres musiques, d’autres livres,d’autres mots. D’autres relents. Je reve de temps nouveau ou Justin Timberlake ecouterait et ecrirait aux sons du Badinage de Marin Marais, du Clavier Tempere de Bach, du Miserere d’Allegri, et aux sons sombres du Requiem de Mozart. Je reve d’un monde ou chacun passerait regulierement la nuit blanche a parler et boire, ou a fumer, si cela leur plait, a ressentir le poids et la legerete des moments du jour et la nuit afin de mieux les vivre. J’ai dormi trois heures la nuit passee. Et je me sens en vie. Le monde est a mes pieds. Je suis sure qu’il va s’effondrer. Mais, tant pis, pour un moment au moins, il se plie a mes yeux, mon regard, au movement de mes mains. Je ne suis pas en paix, et c'est cela qui me fait me sentir en vie.

Shadows

La rosee du matin atteint mes fenetres
Il fait encore sombre, et la nuit deja se retire
Hote indesirable a mon coeur,
A moins que ce ne soit aux nuages qui se pressent envahir la terre de leur grisaille

Il est six heures
Et la froideur de cette heure, jamais inegalee,
Remplit la douceur de la lumiere
Naissante du jour

L’eau de l’air me cache la naissance du jour
A moins que ce ne soit moi qui refuse de regarder par la fenetre
Emerger un de ces jours
Ou mon esprit vagabondera sur les rives de temps incompatibles

Je lis trop,
D’apres ce que me disent ceux qui peuplent mes journees
Et pourtant de lire tant
Jamais je n’ai tant vecu

A lire
Je me suis trouvee un compagnon
Parti vagabonder de par les rives de la Tamise
Et de par les landes de Beckett

A l’heure de partir de par dela la Manche
Ma tete se met a rever
Et a ecrire dans cette autre langue
Ou j’ai fais ma maison ces dernieres annees

Je doute,
Donc j’existe, me dirait Descartes,
Et pourtant n’ai jamais ete aussi sure
Du chemin en face de moi

Je me sens pleine d’une capacite d’attente
Comme en ce jour ou un amour passé est reparti
Par dela un vetuste Rideau de Fer
Et ou mes larmes de conscience ont rempli une grande coupe amere

Je sais que longtemps mon regard se perdra de par Knightsbridge,
Et dans les replis d’un matin grisonnant qui suivit une nuit trop belle
Ou, Lorenzo Quart incongru perdu au pays de la pluie,
Je me suis retrouvee a vagabonder les rues desertes d’un quartier celebre

Mon coeur a des replis
Des ombres, des vallees, des vallons.
Je ne sais si je dois me rejouir
Ou me lamenter

Mais, comme me dit Beckett,
Bien justement,
“Here it is,
either you love or you don’t.”

A trop lire
Je me suis heurtee a une ame soeur
Douloureuse, apaisante.
Il est six heures du matin et life sucks.





Manchester, UK, 3 aout 2007

Long Noisy Night

Il fait nuit
Et je ne peux dormir
Il fait jour
Et je ne peux rester eveillee

La lune est ronde
Enceinte du jour a venir
Et des reves d’hier
Eclairant ma tete de desirs inacheves

Il fait aube
Et le soleil reste dans l’ombre de la nuit
Il fait crepuscule
Et la lune se fait timide, replie dans les plis des nuages du soleil couchant

Le soleil est rond
Mais je ne sais le voir
Tant je reve de jours a venir
Teintes de ces derniers jours du passé

It is night falls
Yet morning lights are already out
It is day rise
Yet night shadows keep surrounding me

Sorrows of past days refuse to subdue
To brighter futures
The sun shows me grey clouds that open umbrellas
And the moon refuses to offer me a dance, still

Les bruits de la rue traversent mes rideaux
L’impassibilite muette des etoiles reveillent les clameurs de mes souvenirs
Je me rappelle de Cadix, de Barcelone, de Madrid, de Tolede,
Et de cette nuit enchantee passee a vagabonder avec mon roi mage Gaspar

Il est trop tard pour dormir
Et trop tot pour se lever
Alors j’erre dans mes souvenirs inassouvis, dans mes desirs reves,
Et surtout dans les ombres qui peuplent mes paupieres

Mes desirs sont angoisses
Mes envies sont nerveuses
Je regarde mon armoire
Et la vois remplie d’echarpes bleues et jaunes

Mes pas errent de par mes souvenirs
Et derriere mes paupieres closes
Se deploit la tapisserie brodee
De mes amours brisees

Calvino speaks to me of my destiny
Or so I am being told by one of these who made mine
Or maybe so I believe
For I no longer know who I am

I drink and smoke to the health of Fairies
For they are my companions
Imaginary, maybe, yet my best friends
In this pretty weird real world

Morgane le Fay keeps bedside to my pillow
So do Calvino, Bradamante and Agilulf,
And Arturo Perez-Reverte, Lorenzo Quart, Lucas Corso
And their brides Macarena Bruner and Irene Adler

I dream of warm streets
Where I err among the small far too smoky cafes,
Noisy of too many televisions and male voices,
And that smell of vinos de jerez and of jamon serrano

Ceci est une longue nuit
Qui ne se terminera pas a ce matin qui enfin pointe son nez
Je me rappelle ma plume, et de mes reves
Et de ce jour tant reve
Ou les ombres derriere mes paupieres cesseront enfin de me tourmenter
Ce jour n’est pas encore arrive



Manchester, UK, 3 aout 2007

Golden Morning

The sun rises
And invades my bays with golden shadows
My books awake on their shelves
Calling for a new exploration
Of their aging pages
Of their intricate emotional encounters
Of these characters I identify myself to far too much

Precious short-lived moment of the day
And of the night
It rains nevertheless
In my unappeased soul
Yearning for larger spaces made of sunset over seaside castillos

The characters of my literary souvenirs
Come to life
Lorenzo Quart errs again through the streets of Seville
Julia and Munoz play chess at the Parque del Retiro
Jaime Astarloa invents new deadly moves
And Lucas Corso searches his soul in mummified books
And finds it in Irene Adler

Golden shadows are dangerous
They evoke dreams
And dreams, as alive they make you,
Also burn you out
Or the other way round
We burn our dreams out
So that we can live

No, golden shadows are not that dangerous
They make dark shadows fade away
Even for a brief moment
For an instant,
At seeing so much light,
We are made to forget the depths of our unappeased desires and envies
Brief rest, but rest it is nevertheless
I can, at last, close my eyes for this night



Manchester, UK, 3 aout 2007

jueves, 2 de agosto de 2007

A Note on Destiny

Recently I have felt weird, as it may, I guess, be read in my posts in here. A breakdown of my internet connection has not helped. Quite surprisingly I have found myself in lack of a proper hobby at this occurrence. As if, against all I say to people I think are addicted to being on-line, I myself was, too.

In some ways, "in a good way," as one of my friends would say looking quirkily in my eyes, this works out for the better. I come back to reading, at last, which is what I needed really. Italo Calvino and his quirky stories are my companions of the times. At reading of the loves of Bradamante, I find myself reading avidly pages and pages of words telling about the ways of imaginative and very imaginary lives, stories in which people in trains have surreal adventures in the infinite universe of their minds, just by sitting on a sofa.

As I recently realised, my soul has been yearning towards such stories for some time. I know now that my heart hurts and looks for some imaginary knight who would both brings us into a world made of laughter and of seriously unreal and imaginary readings. As Per Jakez Helias once wrote, I rediscover that, without dreams of our own to pursue, we are on the path to disappearance. Dreams are what make us human, and more importantly alive. Hurray for Shakespeare's Midsummer Night Dream. Now, if you don't mind I have to come back to my readings.

lunes, 9 de julio de 2007

A 31 ans, j'ai envie d'acheter mon premier paquet de cigarettes....

Hier fut un autre de ces jours sombres dont je fais collection ces temps-ci.

De soleil a pluie, puis de pluie a soleil, le matin se deroula sinistre et ensoleille a la fois comme si en synchronisation avec mon humeur changeante. Par l'heure de midi, je me retrouvai completement 'fidgety', a la recherche de quelque chose a faire loin de chez moi ..., loin de ma routine quotidienne. Je me retrouvai a aller voir 'Golden Door', film franco-italien-europeen a plus que multiples financements, critiques de la non-bienvenue reservee a ceux qui se risquaient a partir pour le Nouveau Monde au tournant du siecle. Bon film dans son style, a part pour les credits. Est-ce si difficile de faire des titres artistiques pour un film de type 'arty'? Et si vous voulez faire dans le surrealisme, allez-y que diable!!!! Ne soyez pas timide. Ce film aurait eu besoin de beaucoup plus de rivieres de lait et de valses a la Kusturica. Ceux qui ont vu/verront le film me comprennent.

Par le temps de 4 heures de l'apres-midi, je me suis retrouvee perdue avec un cafe pas trop mauvais dans un de mes bars preferes, pensant a comment l'Angleterre, il y a sept ans, etait mon Nouveau Monde, et combien ce nouveau monde m'a decue et enchantee a la fois. Dans un sens, mon experience de cet autre Monde, de langue anglaise, m'a fait grandir et sortir de ma zone de securite; dans un autre, ce Monde n'a fait que renforcer mon identite de non-Anglo-Saxonne. Non je ne m'habitue pas a devoir suivre a prendre des alcools forts quand j'ai envie d'un cafe, et, oui, j'ai toujours des moments ou je voudrais un verre un peu trop fort quand tout le monde boit au cafe.

Par dessus-tout ce pays ne comprend pas ma double identite d'ancienne et de moderne (je sais: ceci sonne tristement et rhetoriquement pompeux), d'une personne qui aime se baigner dans une symphonie de Beethoven un moment, et se saouler au son des dernieres chansons d'Amy Winehouse, ou jouer au poker, de maniere calculee, jusque 5 heures du matin, un verre de JB a la main a d'autres moments. Etrangement je me fais dire par ceux qui abusent des plaisirs de la vie, ce y compris les illegaux, que cela me fait la 'coolest' du moment, avec les jalousies qui s'ensuivent. Avoir atteint la trentaine n'aide pas je suppose - en bonne taureau, je suis probablement plus tetue que jamais.

Tout mis dans un meme sac, je crois que l'Angleterre m'a demontre que je suis une romantique qui croit a l'amour passion, aux envies du moment, et qui dans le meme temps panique a l'idee de me laisser suivre le flot de la vie. A 31 ans, j'ai envie d'acheter mon premier paquet de cigarettes - y a-t-il quoi que ce soit de plus triste? Qu'est-ce que cette envie reflete? Un desir de soirees, nuits blanches folles? Dans ce dernier cas, est-ce sage, ou devrais-je suivre ma tete que me dit que fumer est mauvais pour la sante? Ou bien serait-ce que ce desir de cigarettes est une expression de ce coup de telephone que je n'ai pas encore ose donner? J'ai peur de ce qui couve en moi. En termes Herbertiens, je suis un Paul, dans l'attente de Chani, d'Arrakis, de l'Epice et cette Agonie de l'Eau de la Vie qui le libera de ses peurs.

sábado, 7 de julio de 2007

Dia Largo

Hoy me levanto nervosa. Ayer fue uno de estos dias cuando los cuales tu no sabes lo que te preoccupes y este se queda contigo obsesionamente, sin que alguna respuesta se presentara a tu mente. Estaba lloviendo, lo que no fue haciendo las cosas mas facil, supongo. Pues al mismo tiempo esta lluvia perpetual me correspondia bien, como una chaqueta que se modelaba a mi humor. Por la noche estaba completamente 'out of things', es decir que cada rincon, cada cosita que me accompanaba al trabajo me aparecia extrana.

Me quede por un gin and tonic, y de nuevo me fue a pensar en como la vida es cosa inestable, cambiante, fuera de nuestro control, y que esta fluidez es hecho inevitable. Tambien es corta, y que no dejar desvanecer por nada. Me quede por algunos mas con collegas - el diablo que me controla estos dias estaba de vuelta en operacion y como gente de los bares y restaurantes estamos una especie quien vive de noche. Al observarles me choqua esta cosa que, al mismo de durante mi shift, rumores de trabajo nunca me convenieran. No estoy una de estas personas quien habla de los otros. Si penso algo de alguien generalmente me lo queda por mismo. Especialmente me quedo silenciosa a proposito de irregularidades. La vida, como la veo, es materia de adaptarse y aceptar a las cositas anormales que encontramos. Extranamente la gente en general se va asumando que no puedo concelar, al contrario de la realidad. Aprendi a concelar muy joven. Porque no confiamos en la gente? Porque siempre asumamos que la confianza es mal adaptada al mundo humano?

Patente de Corso: La Hostería del Chorrillo

Patente de Corso: "La hostería del Chorrillo"

Par Arturo Perez-Reverte, XLSemanal, 1 de julio de 2007, extrait de http://www.capitanalatriste.com/escritor.html?s=patentecorso



Estoy sentado en una terraza, leyendo junto al viejo puerto del castillo del Huevo, en Nápoles. Y me digo que los libros sirven, entre otras cosas, para amueblar paisajes. Llegas a tal o cual sitio, aunque nunca antes hayas estado allí, y las páginas leídas permiten ver cosas que otros, menos afortunados o previsores, no son capaces de advertir. Un islote despoblado y rocoso del Mediterráneo, por ejemplo, es sólo un pedrusco seco cuando quien lo contempla desconoce las peripecias de Ulises y sus compañeros. Sin Lampedusa y su Gatopardo, Palermo no sería más que una calurosa e incómoda ciudad siciliana. Quien viaja a México ignorando los textos de Bernal Díaz del Castillo o de Juan Rulfo, no sabe lo mucho que se pierde. Y no es lo mismo pasear por Oviedo, o por Buenos Aires, con o sin La regenta, Roberto Arlt y Borges en el currículum.

Con Nápoles me ocurre exactamente eso. Amo esta ciudad pese a su carácter ruidoso, sucio y caótico. Y la amo no sólo por su bellísima bahía, sus islas próximas y el mar venerable al que se asoma, sino por las imágenes y lecturas acumuladas durante toda mi vida: Curzio Malaparte, Totó, Stendhal, el duque de Rivas, Sofía Loren, Benedetto Croce, Giuseppe Galasso y tantos otros. Pero sucede que, aparte todo eso, en Nápoles no soy extranjero; ningún español lo es. Desde Alfonso V de Aragón y durante trescientos cincuenta años, nuestra presencia fue intensa y constante, sobre todo en los siglos XVI y XVII, cuando esta ciudad y su entorno eran tan españoles como Andalucía, Vizcaya o Cataluña. Aquí estuvo Francisco de Quevedo con su amigo el duque de Osuna; y de este puerto, bajo las cuatro torres negras de Castelnuovo, salieron las galeras españolas para corsear en el mar de Levante, combatir la piratería turca y vencer en Lepanto. Soldados embarcados en esas galeras –uno de ellos se llamaba Miguel de Cervantes– dejarían cumplida constancia en memorias, relaciones y escritos. Todos, además, hablaron de Nápoles con cálida añoranza: clima templado, hermoso país, dinero de botines para gastar, ventorrillos de Chiaia, mujeres guapas, mancebías de la vía Catalana, tabernas del Mandaracho y del Chorrillo. Ciudad magnífica, la llamaron: pepitoria del orbe y escenario de su dorada juventud, cuando España era todavía la potencia más poderosa de Europa, tenía a medio mundo agarrado por el pescuezo y estaba en guerra con el otro medio.

Así, visitar esta ciudad es pasear también por la historia de España. Hasta el dialecto napolitano quedó trufado de españolismos espléndidos: mperrarse, mucciaccia, mantiglia, fanfarone, guappo. Las iglesias están empedradas de lápidas funerarias con nombres de gobernantes, religiosos y soldados españoles, y en cada esquina despunta un recuerdo, un nombre, una referencia inalterada, directa: calle del Sargento Mayor, Trinidad de los Españoles, Santiago de los Españoles, vía Toledo, vía Catalana, calle de Cervantes, Barrio Español… Este último, que todavía se llama así, Quartieri Spagnoli, es un conjunto de calles que durante el virreinato albergó las posadas y casas particulares donde vivían los tres mil soldados de la guarnición. Recorrer despacio sus calles adornadas con hornacinas de vírgenes y santos supone moverse aún por aquellos viejos siglos. Y si a uno lo acompañan las lecturas idóneas, el itinerario se convierte en deliciosa incursión por el pasado y la memoria. Eso incluye también guiños personales, pues me es imposible pasar por la esquina de la calle San Matteo con el vico della Tofa sin recordar que allí imaginé la posada de Ana de Osorio, donde el capitán Alatriste e Íñigo Balboa se alojaron en 1627, cuando servían en el tercio de Nápoles. Y sin las relaciones de los veteranos soldados españoles –ahora me refiero a las auténticas–, la vía del Cerriglio, situada en otro lugar de la ciudad, no sería hoy más que una calle fea y desangelada; pero allí estuvo la famosa hostería del Chorrillo, frecuentada por la más ruda soldadesca del virreinato: pícaros, buscavidas, valentones y otras joyas de la chanfaina hispana. Visitarla con el eco de Alonso de Contreras, Miguel de Castro, Jerónimo de Pasamonte o Diego Duque de Estrada en la memoria, subir esquivando inmundicias por la estrecha –y muy sucia– calle de los escalones de la Piazzeta, permite detenerse, cerrar los ojos, escuchar y advertir cuanto late todavía en sus viejos rincones; vislumbrar las sombras entrañables que se mueven alrededor, hablándote al oído de lo que Nápoles fue, de lo que tú mismo fuiste, y de lo que somos. Entonces compadeces a quienes son incapaces de amueblar el mundo con libros.




© Santillana Ediciones Generales S.L. Alfaguara. Santillana Ediciones Generales S.L., Calle Torrelaguna, 60. 28043 Madrid. Teléfono: 91 7449060. Fax: 91 7449224. Mail: alfaguara@santillana.es

viernes, 6 de julio de 2007

Should We Dance with the Devil at Moonlight?

"La imaginacion es el cancer del rigor historico." Arturo Perez Reverte, El Club Dumas

"Cada cual tiene el diablo que merece." Arturo Perez Reverte, El Club Dumas

"Stat rosa pristine nomine, nomina nuda tenemus."

“Wretched are the people without a past. » (Pushkhin)

Joseph Joubert (1754-1824)

Le mot de Mr Dubut: "L'amour est une curiosité et la constance une paresse." Cela ressemble à l'amour et à la paresse de beaucoup de gens.
(Carnets t.2, p.113, nrf/Gallimard, 1994)

Tahar Ben Jelloun - A Propos de l'Amour

L'amitié est une religion sans Dieu ni jugement dernier. Sans diable non plus. Une religion qui n'est pas étrangère à l'amour. Mais un amour où la guerre et la haine sont proscrites, où le silence est possible. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.9 )

Le temps est le meilleur bâtisseur de l'amitié. Il est aussi son témoin et sa conscience. Les chemins se séparent, puis se croisent. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.26 )

Les blessures d'amitié sont inconsolables. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.36 )

La poésie ne peut se permettre l'humour. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.44 )

Respecter une femme, c'est pouvoir envisager l'amitié avec elle ; ce qui n'exclut pas le jeu de la séduction, et même, dans certains cas, le désir et l'amour. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.47 )

Quand une amitié est bafouée, rien ne peut la reconstituer. Tandis que les blessures d'amour - du désir, de la sexualité - peuvent se cicatriser, celles de l'amitié sont éternelles, définitives. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.52 )

Je considère qu'un ami est celui qui ne ment pas, ne fait pas semblant et parle avec toute la sincérité, la franchise que l'amitié véritable requiert. C'est ce que j'appelle l'exigence amicale : dire ce qu'on pense sans, bien sûr, être blessant. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.56 )

[Jean Genet] m'a donné un seul conseil : en écrivant pense au lecteur ; soit simple. Il m'a appris que la simplicité était le signe de la maturité. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.63 )

La politique dénature et ruine l'amitié. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.71 )

L'ami est-il celui qu'on peut déranger ? Oui, surtout s'il peut être utile. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.82 )

L'amitié ne rend pas le malheur plus léger, mais en se faisant présence et dévouement, elle permet d'en partager le poids, et ouvre les portes de l'apaisement. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.84 )

[...] l'amour n'atteint la maturité et la sérénité qu'aidé par l'amitié. Il y faut du temps, de la générosité et de la lucidité. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.96 )

Le destin est ce qui nous arrive au moment où on ne s'y attend pas. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.114 )

Le libraire est l'ami du livre ; pas de tous les livres, mais de ceux qu'il considère assez pour les transmettre aux lecteurs. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.118 )

Il se peut qu'il [le libraire] n'aime pas un livre en particulier mais, de par sa vocation, il aime le livre en général. Si cette amitié n'est pas personnelle, elle est liée à une intimité originelle : celle de la solitude de l'écriture. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.119 )

Une bibliothèque est une chambre d'amis. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.121 )

Être exigeant est une règle de base. Être tolérant est un principe. Veiller sur l'état de l'amitié est un devoir. Penser à l'autre, savoir être présent quand il le faut, avoir les mots et les gestes qu'il faut, faire preuve de constance dans la fidélité, c'est cela l'amitié, et c'est rare. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.123 )

L'amitié qui se lit sur les visages et dans les gestes devient comme une prairie dessinée par un rêve dans une longue nuit de solitude. (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.124 )

jueves, 5 de julio de 2007

Frank Herbert - The Ghola's Hymn

"No bitter stench of funeral-still for Muad'dib
No knell nor solemn rite to free the mind
From avaricious shadows.
He is the fool saint,
The golden stranger living forever
On the edge of reason.
Let your guard fall and he is there!
His crimson peace and sovereign pailor
Strike into our universe on prophetic webs
To the verge of a quiet glance - there!
Out of bristling star-jungles;
Mysterious, lethal, an oracle without eyes,
Catspaw of prophecy, whose voice never dies!
Shai-hulud, he awaits thee upon a strand
Where couples walk and fix, eye to eye,
The delicious ennui of love.
He strides through the long cavern of time,
Scattering the fool-self of his dream."

The Ghola's Hymn

In Frank Herbert, Dune Messiah, Epilogue, p.222.

Frank Herbert - La Litanie Contre La Peur

"Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon oeil intérieur sur mon chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi."

Samuel Beckett

"But there it is, either you love or you don't."

Jour Sinistre de Juillet

Aujourd'hui est un jour de juillet torentiel, comme l'a ete hier, ainsi que tous les jours precedents depuis la fin du mois de juin. Il semblerait que le signal juillet est un signal special pour pluie. Il n'y a meme pas assez d'arcs-en-ciel pour compenser pour toute cette grisaille ecrasante qui me rappelle les citadelles ecclesiastiques sinistres du Plat Pays de Jacques Brel. Je ne sais comment les Anglais font pour garder le sourire et continuer a voyager de jour en jour, de nuit en nuit dans ces conditions. Pour moi, ceci est signal de nostalgie, de mal du pays, surtout dans la perspective que, dans 2 mois et demi, je reviens de fait au pays, apres 7 ans passes ici. Je crois que je vais faire coincider ce retour avec mon anniversaire de ce 19 septembre de 2000, quand je suis arrivee ici, optimiste, et regardant le futur avec le sourire, et l'idee que tout irait bien, malgre le taudis ou je devais vivre pendant les 6 prochains mois.

Apres 7 ans ici, je suis autre --- maigre par le standard etabli a l'epoque, mais aussi combien plus cynique et agee (sans avoir trop perdu mon sens de l'humour 'quirky', j'espere :-)). Aussi mes lecons les plus dures sont encore bien recentes. Un ami dont je ne me rendais pas compte de l'importance a quitte la ville il y a deux semaines pour Londres (un boulot de reve). Cet ami-la ne se laisse pas oublier. Chaque jour au turbin contient ces quelques minutes pendant lesquelles ma memoire se laisse a esperer pour une blague, un sourire, une moquerie qui vous maintienne votre intellect alerte et eveille.... Etrange comme la vie peut vous paraitre vide pour une seule personne qui part. Dans un sens, je devrais cependant benir son existence car il m'a reveillee a vivre au rythme de mes reves et de mes aspirations. Il m'a mis au temps de 'Belgian Times'. Dommage que je me sois rendue compte si tard de ce potentiel dans ma vie. Mon ami me manque.

martes, 19 de junio de 2007

A Resigned Approach to Complete Uncertainty?

"Destiny is usually just around the corner. Like a thief, a hooker , or a lottery vendor: its three most common personnifications. What destiny does not do is home visits. You have to go for it yourself." (Carlos Ruiz Zafon – Shadow of the Wind, p.233)


What is it about life that we fear so much? Why are we so afraid of change and fluidity?
Recently I have found myself having a crazyness inner chord I have not been aware so far of sheltering, as if I was afraid of it, as if I had had it removed from the public light, because it was no good. In some ways, I still think it is indeed no good at all. Yet at denying this chord in me, I have probably also worked at strenghthening it... and today I awake fidgety all over and the feeling does not go away. How do you deal with moves such deep into you. With an inner fluidity that calls in for you going away from yourself and feeding inner demons?

This issue had already arisen some years ago. At the time I remember a friend telling me I had shadows behind my eyes. I put it at the time to that recent painful memories were difficult to deal with. Yet maybe there is more to this than that? Now I realise change is upon me and that one way or another I will have to let these shadows gain some access to outer light. I will have to face my self -- or run to self-destruction. Yet what about those who love me and whom I love?

martes, 5 de junio de 2007

La Difference entre Etre Amoureux et Aimer

Le sujet de ma journee, et des mes dernieres journees, ce depuis une semaine.

Comment savons-nous si nous aimons pour de vrai ou juste de passage pour quelque temps? Quelle est la difference entre 'to love' et 'to be in love with'? Un des livres roses que je feuilletais hier semblait suggerer qu'il y aurait une difference fondamentale entre ces deux notions. Pour moi, je ne sais pas, ou bien pour etre plus precise, je ne sais plus.

Apres quelques annees dans une relation, je me sens en passe de rever a aller voir si l'herbe est en effet plus verte ailleurs, ou bien si ce n'est qu'un de ces dictons idiots qui vous empoisonnent la vie quand vous commencez a avoir des doutes sur les comments et pourquois qui vous ont amenee a vivre avec une personne en particulier hors de la masse que nous frequentons tous les jours. Maintenant et si le monde n'est pas meilleur ailleurs, repondre a ce questionnement vaut-il la peine de sacrifier des annees de pacification avec le monde des amourettes?

Those Damned Books I Cannot Forget: What Happens When You Read Frank Herbert's Cycle of Dune

"Books are not made to believe but to be subjected to inquiry. When we consider a book, we mustn't ask ourselves what it says but what it means, a precept that the commentaries of the holy books had very clearly in mind."[1]

My favourite authors are Patrick Suskind, for his Perfume, James M. Barrie, for Peter Pan – I am an old child –, Tahar ben Jelloun,[2] Umberto Eco,[3] J.M.G. le Clézio – I have never known his full name, but does it matter?[4] – Michel del Castillo,[5] Arturo Perez-Reverte,[6] and Frank Herbert.
Reading these authors has accompanied my catching up of age throughout the years. Of course there has been plenty of other readings – there was a time for instance when I was devouring Agatha Christie. I have had also some temporary fancy for Dan Brown – who hasn’t? – etc, etc, etc, etc. Yet only* the above authors mean something special to me, sometimes maybe simply because I have read them at the so called ‘wrong age’, but who knows?
Among those I have read too early, from Tahar ben Jelloun I have learned of the importance of sensuality, if you want to understand your feelings. At reading Eco, I have fallen in love with libraries, bookshops, words and erudition for its own sake. With Le Clézio, I have learned of the need of change so as to live. From Michel del Castillo I have learned satirical humour, and that appearances are never, or very rarely only, direct references to reality. From Perez-Reverte, I have learned that the love of books is not equivalent to dislike for mankind, that, in fact, books are written as much for the sake of the art as for the sake of man, and that these two loves combined do not mean that you are a humanly worthless library rat, well on the condition that you respect those who are not as literate as you might be. From Herbert I have learned about politics, religion, technology and the nature of mankind.
As for Barrie, whom I have read at a too mature age, he has taught of the treasure of the innocence of childhood. As for Suskind, his introduction to The Perfume has taught me that even the worst of ugliness can be sublimed into timeless literary gems,[7] if one takes the time, and used the right words for it.
In the above list, two authors stubbornly refuse to let themselves fall into oblivion. Whatever I do, they always came back to my mind, one way or another. These authors are Arturo Perez-Reverte, whose Club Dumas I have read so many times I do not recall how many, and whose chronique in El Pais I religiously read every week, and Frank Herbert about whom I write this note.
Herbert started for me as a teenage obsession. While most of my classmates were making collection of glossy magazine photographs of popstars, my personal quest was with the collect of as many Frank Herbert’s books as possible. They were not an easy to access merchandise. For some time I could not find any. Then one day at browsing a ‘bandes dessinées’ bookshop, science fiction novel section I bumped into ChapterHouse Dune, which I devoured straight away, wondering what the heck was this development of Dune, without Dune any longer, without Fremen, and with a Leto II son of Paul who was called the Tyrant. The weirdest passage was the Garden closing with Marty and Daniel. Still Dune was still there, not in Sheena, but in Duncan, in Murbella, in this universe obsessed with the idea of spice and human perfection and politically controlled religion.
Still I ended up very puzzled by what Dune was according to Chapterhouse by contrast to Dune per se. Also there were many questions to be answered. What happened to Dune? Who was the Tyrant? What happened to my beloved Fremen, Paul, and Chani? To Spice? To the Imperium? In other words finding Chapterhouse led me into an even frenzier search for the other books I was missing.
Despite trying to get them in order, the next one I found was Children of Dune, same shop, Saturday afternoon shopping. Disappointed somewhat: I wanted Dune Messiah. Anyway I start reading. What do I find: Paul blinded by atomics, and gone to the desert, Alia ruling an Imperium of which political stability laid with a religion based on the Missionaria Protectiva, so well presented as completely made up in Dune, Paul’s children, Leto and Ghani, two abominations that did not seem to much to be abominations at all, just gifted children.

A suivre



[1] Quote from U. Eco, The Name of the Rose, in R. J. B. Bosworth, Explaining Auschwitz and Hiroshima, xii.
[2] Author of L'Ecrivain public, L'Enfant de sable, La Nuit sacrée, Les Yeux baissés,
Le premier amour est toujours le dernier.
[3] Author to The Name of the Rose and Foucault’s Pendulum
[4] For his Désert and Printemps et Autres Saisons
[5] For his Mort d’un Poète
[6] Because of his El Club Dumas, very especially, La Table de Flandes, El Maestro de Esgrima, La Piel del Tambor, La Carta Esferica, and La Reina del Sur. He also authors a weekly chronique in El Pais.
[7] The Perfume, by Patrick Suskind, pp.3-4. “In the period of which we speak, there reigned in the cities a stench barely conceivable to us modern men and women. The streets stank of manure, the courtyards of urine, the stairwells stank of moldering wood and rat droppings, the kitchens of spoiled cabbage and mutton fat; the unaired parlors stank o stale dust, the bedrooms of greasy sheet, damp featherbeds, and the pungently sweet aroma of chamber pots. The stench of sulphur rose from the chimneys, the stench of caustic lyes from the tanneries, and from the slaughterhouses came the stench of congealed blood. People stank of sweat and unwashed clothes; from their mouths came the stench of rotting teeth, from their bellies that of onions and from their bodies, if they were no longer very young, came the stench of rancid cheese and sour milk and tumorous disease. The rivers stank, the marketplaces stank, the churches stank, it stank beneath the bridges and in the palaces. The peasant stank as did the priest, the apprentice as did his master’s wife, the whole of the aristocracy stank, even the king himself stank, stank like a rank lion, and the queen like an old goat, summer and winter, for in the eighteenth century there was nothing to hinder bacteria busy at decomposition, and so there was no human activity, either constructive or destructive, no manifestation of germinating or decaying life that was not accompanied by stench.”

The Grey Ballad

Morning are grey.
Days are grey.
Nightfalls are grey.
Nights are colourless,
Trapped under the greyness of wet skies.
The sun is pale.
The moon is always overdressed,
In a grey uniform.
The air is heavy,
And the rain refuses to fall,
And the curtains better stay close
To stop grey to invade white walls.
Oh how I am all in the grey,
Everyday, every moment, everywhere.
Oh how I am all in the grey.
I am all in the grey because grey is the colour of the world here.

Rain drops are grey above my head,
For they are too small to be blue.
Rivers are grey,
Of the grey sky that falls upon them
Because the sands and rocks
They flow on are grey.
Even the ocean is grey,
But not a tempestuous grey,
A morn grey.
Walls are grey,
Even the most red-bricked of all
Trees are grey,
Because the grass is grey as well
And shines out its greyness
Didn’t you know that the world was grey?
Oh how I am all in the grey,
Everyday, every moment, everywhere.
Oh how I am all in the grey.

Blacks are grey.
Red is grey.
Purple is grey.
All colours are grey.
Green is the greyer of all.
For it is the sibling of grey.
Didn’t you know?
Oh how I am all in the grey
Everyday, every moment, everywhere
Oh how I am all in the grey

Clothes are grey.
Hats are grey,
Over grey hair,
Under grey umbrellas,
Topping grey coats,
Grey scarfs,
Grey pullovers,
And grey socks.
Didn’t you know people are grey too?
Oh how I am all in the grey,
Everyday, every moment, everywhere.
Oh how I am all in the grey.


I don’t like grey,
Except when it lightens up,
Torn out by sunset,
Burnt by some touches of purple and orange.
I don’t like grey,
Except in the eyes of this man whose glance one day penetrated my soul.
I like the colour of sand.
I like blue, purple, orange, browns, greens, deep reds.
I like the colour of light,
Even when it is dark,
Even when it is night.
I like the colour the naked moon,
To watch these scars we scratched it with
At too much glancing at it.
Oh how I long leaving the grey
And returning to the colours
Of these places where water is not.

Premier Jour avec un Blog

Hello les gens


Apres bien des deliberations, avec moi-meme, je viens de me decider a creer mon Blog, aller savoir pourquoi mais cela me parait une bonne idee en ce jour ensoleille dans le nord-ouest britannique.

Ceci ne sera pas un Blog serieux, mais plutot une plate-forme qui me servira a ecouler mes humeurs, bonnes ou mauvaises, joyeuses ou tristes, et les consequences litteraires variees qui en decoulent - eh oui ceci est un acte tres 'selfish' comme on dit ici en Angleterre. A faire tellement de petites notes dans plein de petits carnets, il me vient que, peut-etre, au vu que je suis trop paresseuse que pour me tenter comme ecrivain (ou bien serait-ce ma tete qui est 'fucked up' par parler deux langues a la fois), me creer mon petit coin a moi sur le net ou je rassemblerais les divagations ecrites creees par mes moments de colere, joie, tristesse etc est la meilleure facon de ranger mes textes. Allez savoir si j'ai tort ou raison. Je vous donne mes textes.



Irene

A Propos de Cadiz

Me acuerdo de otro sitio
Donde el sol se queda luciendo
Y la vida ruidosa
Llenando mis orejas de paz tranquila


Asi estaba ayer
Y estara manana


Me acuerdo de mercadicitos
Llenando mis ojos
De colores ajenas
Y de olores cambiantes


Asi estaba ayer
Y estara manana


Me acuerdo de paseos
Por el lado del mar
Por baluartes y alamedas
Bajo las sombras de los ficus


Asi estaba ayer
Y estara manana


Me acuerdo sentirme
Leyendo sentanda sobre
Sillones demasiado calientes
Que me tranquilizaron


Asi estaba ayer
Y estara manana


Me acuerdo de dias de lluvia
Y de paraguas
Y de cafes tranquilos
Tomados con amigos del momento


Asi estaba ayer
Y estara manana


Tranquilizate, mujer,
Tu corazon no se acabara
De recordarse
De estos otros momentos mas apasionados

Mauvaises Humeurs du Matin

Ce matin, je me me suis levée, étrangement en paix. Comme si toutes mes angoisses du jour d’avant s’étaient effilochées avec les dernières brumes de noirceur de la nuit. Bien sûr, elles ne s’en étaient pas allées, mais plutôt couchées profondément a l’intérieur de mon corps, afin de me donner un peu de ce repos que jamais je n’atteins ici. Mon mal de tete d’hier soir reprend bien vite. Ma tête fait mal ces jours, à me dire qu’il est normal que je comprenne cette langue étrangère dans laquelle je me réveille tous les matins. Mon corps refuse cette normalité. Il hurle à pas doux que je suis en exil, loin de mon pays, si il est que j’en aurais un, et ma tête résonne de mots étrangers poétiques dormants. Tentant de chasser ces mauvais reves, je prépare un café, instantané – le bon cafe coute cher, trop cher, et puis on ne vend pas de percolateur ici, ni meme de filtres d’ailleurs. L’odeur chimique s’installe dans mon nez, et j’exhale involontairement ce commentaire : « There are many things you do not get used to, pas vrai ? ». L’odeur du café, la taille trop grande la tasse – ce n’est pas une tasse, mais une « mug » –, les barbouillements sonores de la radio, le fait que la boulagerie d’en-bas n’ouvre pas le dimanche la porte à des croissants frais, me font mal. Le monde entier me fait mal. Les voitures torturent ma droiture de mains. Pourquoi persistent-elles à rouler à gauche ? Et puis les gens de meme. Pourquoi prendre les escaliers par la gauche ? Quelle est donc cette maladie de gaucherie qui entame ce lieu ? La radio est morne, pleine de silences et de politesse incongrue a cette heure du matin ou les bruits de la vie devraient reprendre leurs droits. Pour ce qui est des postes de musiques, ils font du bruit plus qu’autre chose, du bruit electronique, issu de voix electronises et inarticulees de chanteurs qui n’ont pas de vocabulaire. J’ai envie d’aller au café du coin, mais ne bouge pas..... Pourquoi me confronter a la morne face d’un serveur cache derriere son bar par peur de me toucher, ou meme d’ouir mon desir d’un cafe. Il me faudrait aller au bar et regarder cette machine bruyante ou du cafe insipide est dilué de trop dans des tasses trop grandes, et servi avec ce visage hypocrite de l’employe de service de derriere le bar qui se demande pourquoi au nom de Dieu je n’ai pas demande un the a la place. Aussi, pourquoi au nom de Dieu ne porte-je pas de vetements roses hideusement inassortis a des cheveux blonds artificiels comme toutes les filles qui babillent autour de moi ? Non, je me sentirais hors lieu, au mauvais endroit, pire qu’avec la radio qui pepille ses betises a mes oreilles.
Temps de m’habiller, je suppose. Est-ce moi ou ce monde qui m’entoure qui parle la ? Je ne suis pas sure. Apres tout, il est dix heures, dimanche matin. Le dimanche est le jour du Seigneur, le jour du repos, me dit-on ? Bon, OK, mais pas ici. Ici il n’y a pas de seigneur, pas de religion, a part peut-etre la religion de la bienseance, du confort et de la commodite. Dieu que je peux en avoir marre de l'Angleterre parfois.

Haikus

La Pyramide du Louvre
S’engonce
Dans sa robe de gala


Stockport, 18-2-2007



Les toits creneles
Dans le matin fatigue
Me rappellent l’hopital
Sinistre de Soljenitsyn

Manchester, 20-2-2007