viernes, 2 de noviembre de 2007
Barcelonas
It sits on my train
How weird is this?
You take a train that
Ought take you away
And you sit in front of it
That train contains
Other trains, where
You hoped, smiled,
Despaired, cried,
Feared
There are also there
All those other trains
You dreamt about
Stealing away
These you never
Admitted to love
Until it was too late
Barcelona looks at me
White on black
As if hiding the secrets I conceal
The city stalks me
I swear I saw it in
The comic book shop today
And in my friend talking
About books
We might wish to forget
But we can only go along
The flow
On roads, trains, planes
Life is cluttered with Barcelonas
Mine sits
On the side of the Vlatva
Underneath the shadows
Of the Sagrada Familia
And under the loving guardship
Of Knightsbridge
I do not know
What your Barcelona is
But I wish you loved it
That is the least
We can do
After all
Either you love
Either you don't
Irène Corso, Namur & Celles, 3 de Noviembre
On Love
Either you love
Either you don't
Where the hell am I?
Irène Corso, Celles, 3 de Noviembre 2007
The Train of Life
And the clouds hide
The sky under curtains of grey
Depriving trees
Of warm legendary lights
It is Friday night
And I am sitting
Waiting
Waiting for old days
To pop on the metallic seat
Next to me and say hello
I am waiting
For the train of life
That will surely
Take me away
Towards elder times
Lights are dim
After all this is a train station
I hope they stay so
Past and future cannot
Be divorced
Like
Black and white
Death and life
Tarot and plans
Madness and reason
Two sides of the walls and coins of
The castle of destinies above
A train tells me
Goodbye that
Sounds like Good Day
Another tells me
Good Day
And I hear the
Train of Death
Ringing the local church
Night has fallen
On the platform
And I cry for the
Pains of yesterday
I recall old days
And call for the new ones
Of tomorrow
I am waiting
Yet
I have to go
It is almost day
My train has
Landed on my platform
My bitter days have entered me
And I am allowed
A ticket for my next station
Irène Corso, Namur & Celles, 2 de Noviembre 2007
Pinches
It is a border
Between
Old and new
Awake and tired
My left shows off
Fogs voluntarily hiding
Exhausts of
Burning dirt in the sky
Even bridges have forgotten
To grow
For it is too sad
To connect dirt with dirt
My right bears the
Scars of well-thinking
Righteous bourgeois
There bridges flourish
Maybe too much because
We forget
What nice clothing often entails
It is Sunday and the market of the poor
Even
Dares spreading close to
The beautiful castle
One side
Marriage of picturesque stones with
Hand-made roofing
Other side
Divorce of the ugliness of
Common concrete with unemotional slates
I am on the bridge
And the cars deafen my ears
The wind burns my nose
And my head hurts
I belong to this bridge
To this conspicuous border
From where I admire
The ancient and the modern
I wear old clothes
I cannot renew
And yet work with
Royal blue blood
Opposites pinch me
And I refuse to
Choose my camp
Maybe I should not stay
And return to this home
I have not found yet
Irène Corso,
Pluie
Ce matin, j’ai quitté la pluie sous les nuages et mon regard s’est échappé par delà les brumes et l’opacité des gouttes d’une ville grise et translucide. J’observe. Il pleut toujours et ma voiture se trompe de voie pour rouler dans des flaques qui s’apprêtent à la couvrir d’un manteau de perles La voiture fait chanter une flaque, la suivante crée le rythme et le bus qui les dépasse amorce des mélodies étranges toutes de moments non écoutés de répercussions solitaires. Les flaques deviennent enluminures sur les chapeaux noirs trop grands que les passants retiennent à bouts de bâtons repliables grotesques. D’autres ont oublié leurs chapeaux et se recroquevillent vers des chaussures trop petites et béantes sous le ciel. Les lacets se pressent. La pluie ne s’arrête jamais vraiment, ou pour un bref instant seulement. Elle s’interrompt dans des silences émouvants de lumière qui allume les gris, nuance les nuages écrasés de perles de pluie, écrase les chapeaux noirs qui se replient et cachent les bâtons grotesques qui soutenaient les nuages trop lourds.
Mais la pluie reprend, toujours, et la terre soupire de saveurs profondes de sec ressentiment. Les toits reluisent de nouveau et les nuages se voilent. La rue fredonne de l’intérieur sous les pas des passants et les roues des véhicules qui se pressent de nouveau. Les voix se taisent sous les chapeaux qui transitent de pub en pub, de parvis à parvis, de bus à train et de train à taxi. La ville grisonne sous un parapluie sombre de gouttes pesantes et translucides qui la couvrent. Les chapeaux jouent de nouveau, s’amusent à dissimuler et déployer leurs bras mécaniques et humains grotesques qui sortent de chaussures humides d’où les mains pointent vers le ciel sans jamais le regarder vraiment. J’ai alors retrouvé la pluie car j’ai vu mon bras s’étendre entre mes chaussures et mon chapeau noir qui soutenait le ciel.
Irène Corso
Manchester, 18 de junio 2001
martes, 23 de octubre de 2007
Mon Hiver Est Arrivé
L’hiver est arrivé
Il y a quelques jours,
Quelques semaines
Le temps passe
Et je le voudrais immobile
La nuit se lève
Et passe
Et je la voudrais éternelle
La nuit se porte belle
Avec ses robes
En velours sombres
Tout en sobriété
Calme et mortuaire
Je la voudrais
Bruyante et vivante
L’hiver est arrivé
Je me mets
A rêver à des jours passés
Sous des ciels brûlants d’été
Qui me pénétraient jusque dans les os
Et je n’avais plus froid
Pour longtemps
Ou pour un certain temps,
Comme me dirait Brel
Ce soir j’ai froid
La nuit pénètre mes os
J’ai mal
De cette blessure ancienne
Qui n’a jamais voulu guérir vraiment
L’hiver est arrivé
Je me mets à rêver
De trains à la Almodovar
Habités de fantômes féminins
A la recherche de leurs passés perdus
Qui se perdirent un jour
A vouloir trop aimer
Je me mets à rêver
De bus provinciaux
Qui relient des villages
De ruelles blanches et jaunes
Qui sentent bon le pain frais
Et sont amoureux des vautours
Du terrain d’immondices d’à côté
L’hiver est arrivé
Je me mets à rêver
De cottages à la Agatha Christie
Comme je n’en ai jamais vu
Ou seulement en rêves
J’y boirais mon thé
Avec le petit doigt levé
En compagnie d’Helena Bonham Carter
Endimanchée dans un costume victorien
Je me mets à rêver de rues
Sinistrement rouges
Des deux côtés à la fois
Où il pleut de trop
Où même les rouges les plus criards
Des murs et des vêtements
Deviennent noirs de désespoir
L’hiver est arrivé
Je me souviens
De matins sous la pluie
Où je souriais
Car je savais
Qu’il allait être la
Et me tenir compagnie
Et je lui ferais confiance
Je me souviens
De ces jours
Où il me manqua
Parti en cure de repos
Sur les rives espagnoles mêmes
Où mon coeur se brisa
Sur un écueil douloureux
Je me souviens
De moqueries
Douces et légères
De morceaux de citron
A préserver en bon ordre
De regards silencieux
Où nous nous devinions
Je me souviens
Lui avoir dit
Que Barcelone
Sonnait ma perdition
Je me rappelle
Son silence
Qui se tut
Je me souviens
Et je rêve d’autres rives
Où le soleil se couche
Trop tôt sur des estomacs
Malades de s’être suicides
A coup de litres de thé
Je me souviens
De ce dimanche après-midi
Où nous avons trop bu
Toi à la bitter
Moi aux gins tonic
Je souris
Amèrement
A la Brel
Tu me manques
Mon hiver est arrivé
Tea time